Questions fréquentes

Quelle est l’ampleur de la Société anthroposophique dans le monde ?

Il y a des membres de la Société anthroposophique dans plus de 100 pays. Dans 35 pays, la Société anthroposophique est structurée et organisée avec un secrétariat, un siège ouvert au public, etc.

Faut-il accepter certaines croyances (réincarnation, karma, etc.) pour devenir membre de la Société anthroposophique ?

Chacun est libre de trouver dans les idées fondamentales de l’anthroposophie une cohérence avec ses propres expériences, ses réflexions ou convictions, mais il ne peut être question de devoir adhérer un corpus d’idées ou d’opinions. Si de nombreux membres ont pu au cours de l’histoire presque centenaire de cette Société avoir une attitude parfois quasi religieuse, dogmatique ou sectaire, cela tient davantage aux difficultés des membres à se situer librement vis à vis de l’œuvre de R. Steiner qu’à la volonté de ce dernier qui n’a eu de cesse de demander aux membres de vérifier ses propositions par eux-mêmes et de mener leurs propres recherches. On peut devenir membre de la Société anthroposophique sur simple demande (voir ici).

Pourquoi l’anthroposophie, qui se dit « science de l’esprit », est-elle souvent qualifiée de non scientifique ?

On ne considère encore aujourd’hui comme scientifique que ce qui étudie les phénomènes de la réalité pour autant qu’on puisse les ramener à des causes matérielles mécaniques. L’anthroposophie cherche à élargir la connaissance à ce qui peut être pensé et connu au-delà des perceptions sensorielles tout en gardant la rigueur de la démarche (lire “Le noyau scientifique de l’anthroposophie”). La non-scientificité est l’argument premier avancé par ceux qui refusent a priori le franchissement de cette limite.

Quelle est la distinction entre Société et mouvement anthroposophique ?

Par « mouvement anthroposophique », on entend communément toutes les personnes qui s’inspirent de par leurs études, leurs initiatives ou leurs pratiques professionnelles d’un aspect tiré de leur approche anthroposophique. Il est impossible de savoir combien de personnes ont ainsi un lien plus ou moins étroit avec l’anthroposophie. De fait, une minorité de personnes côtoyant l’œuvre de R. Steiner devient membre de la Société.

La Société anthroposophique est-elle une société secrète ?

L’intégralité des textes fondamentaux de l’anthroposophie est publiée et accessible à tous, en allemand et en anglais. La plupart sont traduits en français. Il n’existe pas de textes « occultes », réservés à certaines personnes, la Société anthroposophique est entièrement publique. Toute personne qui le souhaite peut y adhérer. On cherche à y cultiver en toute liberté une spiritualité et un cheminement intérieur les plus profonds possible. C’est un grand défi et la Société anthroposophique a encore un long chemin à parcourir pour réaliser cet idéal. En effet, c’est une véritable tension que de chercher à répondre à des besoins du monde tout en approfondissant les questions par la recherche spirituelle au sein de l’École de science de l’esprit. C’était l’intention de R. Steiner mais cette prise de conscience commence seulement à s’opérer.

Existe-t-il une méditation anthroposophique ?

R. Steiner a proposé de nombreuses formes de pratiques méditatives. Il s’est efforcé de donner à des individus ou à des groupes des exercices spirituels susceptibles de les aider, de les soutenir et de les nourrir dans leur travail. Quoi qu’il en soit, le chemin de développement spirituel anthroposophique ne peut qu’être individuel. Chacun choisit et pratique ce qui lui convient, à sa vitesse, à sa guise et en toute liberté, en créant son propre chemin.

Y a-t-il des maîtres ou des personnes qui guident les autres dans la Société ou au sein de l’École de science de l’esprit ?

Certains membres ont davantage de capacités d’expression ou d’expérience et peuvent en conseiller d’autres. Cela ne leur confère aucune autorité particulière. Dans la pratique, il y a eu et il y aura toujours des risques de dépendance d’individus par rapport à d’autres. Au cours de l’histoire de la Société et de l’École de science de l’esprit, certaines « fonctions » ou tâches (par exemple « responsable de groupe » ou « lecteur de la Première Classe ») ont été instaurées par les successeurs de Rudolf Steiner. Ce dernier ne l’a pas prescrit de son vivant. Au contraire, il a toujours favorisé une spiritualité individualisée. Aujourd’hui, ce genre de fonctions institutionnelles n’a plus lieu d’être.

Rudolf Steiner est-il la seule et unique référence pour les membres de la Société ?

L’œuvre écrite et orale de R. Steiner est immense et peut ressembler à une somme de connaissances qu’il faudrait étudier et à laquelle il faudrait croire. Or, ce foisonnement de livres et de conférences ne constitue pas un enseignement systématique avec un commencement, un développement et une fin. R. Steiner a travaillé avec beaucoup de gens différents, dans les contextes les plus variés, et tout a été conservé tel quel. C’est donc à chacun, selon ses intérêts et son mode de penser, d’élaborer son propre cheminement. La plupart des gens qui s’intéressent à R. Steiner sont des lecteurs de multiples autres penseurs, philosophes, etc. Il ne s’agit pas de croire, mais de chercher à penser. L’anthroposophie ou science de l’esprit a une histoire, elle ne peut être comprise isolément, mais se rattache à toute une série de penseurs comme Platon, Aristote, Thomas d’Aquin, Kepler, Goethe, Hegel, Fichte, Novalis, qui tous ont cherché à cultiver une vie spirituelle basée sur une pensée active et autonome.

Rudolf Steiner a-t-il exigé que les membres soient végétariens ou a-t-il interdit la consommation d’alcool ?

R. Steiner a parfois attiré l’attention sur les effets de certains aliments, mais il conseillait d’abord à chacun de régler sa vie comme il l’entendait. Ce qu’il a toujours fermement condamné, dans ces domaines, c’est le dogmatisme et le sectarisme.

Est-ce qu’adhérer à la Société anthroposophique implique qu’on devienne « anthroposophe » ?

Se dire « anthroposophe » n’est pas un statut associatif ou autre. On entend fréquemment dire qu’on devient « anthroposophe » lorsqu’on adhère à cette Société. N’importe qui peut s’approprier aujourd’hui les contenus de base de l’anthroposophie à travers l’étude des livres. Pour cela, nul besoin d’une Société anthroposophique. D’ailleurs bon nombre de personnes étudient seules ou à plusieurs, sans avoir de contact avec un groupe rattaché ou une association de membres. Elles peuvent se dire « anthroposophes », c’est à dire sympathisantes, voire très convaincues par l’anthroposophie. C’est de leur ressort. En adhérant à la Société anthroposophique, les personnes souhaitent rencontrer d’autres personnes pour partager des réflexions, participer à des groupes d’étude ou apporter leur soutien plus concret au travail mené en son sein, notamment au travers d’une cotisation annuelle d’un montant indicatif. 

Rudolf Steiner a-t-il donné des directives concernant la vie sexuelle ?

R. Steiner n’a rien écrit ni dit dans ses conférences au sujet de prescriptions quelconques dans ce domaine. Il a très peu évoqué ce sujet, comme cela était la norme au début du XXe siècle.

Les personnes qui s’engagent dans une initiative inspirée de l’anthroposophie doivent-elles adhérer à la Société anthroposophique ?

De nombreuses personnes choisissent de pratiquer le jardinage ou l’agriculture biodynamique, d’inscrire leurs enfants dans une école Waldorf, de se soigner avec des médicaments issus de la pharmacopée anthroposophique ou de travailler dans une institution d’inspiration anthroposophique sans avoir de lien avec l’anthroposophie. En aucun cas, la Société ne cherche à recruter ou à faire du prosélytisme. Vouloir devenir membre repose sur un choix individuel. Cela n’engage en rien l’institution dans laquelle la personne travaille, ni ses collègues. Historiquement, les fondateurs d’initiatives inspirées de l’anthroposophie étaient presque tous membres de la Société anthroposophique. Aujourd’hui ce n’est pratiquement plus le cas.

Comment quitte-t-on la Société anthroposophique ?

Sur simple demande. Aucune explication ni justification n’est exigée. En général, les personnes qui démissionnent envoient un courrier pour signifier leur souhait de ne plus être considérées comme membre. Elles sont retirées de la liste des adhérents dès réception de leur courrier.

Existe-t-il des degrés ou des grades dans l’École de science de l’esprit ?

Il n’existe aucun grade ou rite d’initiation donnant droit à des titres, grades ou degrés. R. Steiner a créé ce qu’il a appelé la « Première Classe » et avait l’intention d’en créer deux autres mais n’a pas eu le temps de les réaliser. Ces classes ne correspondraient pas à des degrés mais à des activités différentes. La Première Classe propose aux personnes qui deviennent membres de l’École de suivre un cheminement méditatif visant à une meilleure connaissance de soi-même et du monde. Ce n’est pas un travail seulement personnel ; il y a un partage avec d’autres personnes qui font des recherches sur des thématiques de leur choix, à partir de questions concrètes qui se posent dans le monde actuel. La section générale de cette École traite des questions « généralement humaines », alors que les sections spécialisées abordent les problématiques pédagogiques, médicales, sociales, artistiques, scientifiques, etc. Plus d’informations sur l’École de science de l’esprit

Quelle a été la situation de la Société anthroposophique et de ses membres durant le national-socialisme ?

Dans l’Allemagne nazie, il y a eu, dans tous les milieux de la société civile, des personnes attirées et aveuglées par les idées fanatiques montantes. Certains membres de la Société anthroposophique ont basculé, comme des centaines de milliers d’allemands, dans cette idéologie. C’est le fait d’individus qui ont cherché à interpréter certaines idées steinériennes pour les mettre en cohérence avec ce qu’ils croyaient pouvoir confondre dans les deux démarches. On ne peut que le déplorer et le regretter car ces comportements ont entaché la véritable quête de la Société anthroposophique. Il faut préciser que les institutions anthroposophiques ont systématiquement été interdites (et le sont encore) par les régimes totalitaires.
D’une manière générale, rien n’est plus en contradiction avec les idées fondamentalement humanistes, basées sur « l’individualisme éthique » de la Philosophie de la liberté de R. Steiner et traversant toute son œuvre, que les idées fondées sur les notions de race, d’ethnie, et de groupe en général.

Comment s’y retrouver dans l’œuvre prolifique de Rudolf Steiner ?

Parmi les plus de 350 volumes qui constituent l’œuvre complète (GA) de R. Steiner, il est important de distinguer au moins 3 catégories.

    • Les livres écrits (27 volumes). Parmi ceux-ci, on trouve les ouvrages philosophiques, où R. Steiner développe sa méthode de connaissance. Ces textes fondateurs ont été rédigés pour l’essentiel dans la première partie de sa vie (1886-1897), mais il a toujours insisté pour qu’on y cherche le fondement méthodique de toute son œuvre ultérieure. Puis viennent les livres où il expose les bases de l’anthroposophie proprement dite et les résultats de ses recherches spirituelles : constitution de l’être humain, cosmologie, chemin de développement intérieur…
    • Les conférences (310 volumes). R. Steiner a parlé pour toutes sortes de publics : théosophes (1900-1912), membres de la Société anthroposophique (1912-1924), mais aussi grand public, ainsi que pour des cercles de professionnels (médecins, artistes, pédagogues, ouvriers, théologiens, ingénieurs, agriculteurs, etc.). Beaucoup de ces conférences ont été sténographiées puis imprimées, sans que R. Steiner ait eu la possibilité de les relire lui-même. Ce sont donc des traces d’un travail vivant, qui n’étaient pas destinées à être publiées telles quelles. Ces textes ne sont pas forcément tous fiables, et devraient être maniés avec précaution. On y trouve une multitude de propositions pour travailler et approfondir la science de l’esprit dans de nombreux domaines, mais certaines pages (une centaine sur 90 000) sont plus ou moins problématiques, surtout si on les lit sans connaître leur contexte. Quelques phrases sont souvent relevées et stigmatisées pour caricaturer et dénigrer toute l’anthroposophie ou (et) faire passer R. Steiner pour raciste, anti-scientifique, fou, etc. Cependant, il est impossible de se faire une idée juste de ce qu’est l’anthroposophie en se fondant sur quelques phrases. L’étude de l’œuvre de Steiner, comme celle d’Aristote, de Kant, ou d’Einstein, suppose un travail sérieux, et il n’existe pas vraiment de chemin simple pour y accéder.

Les élèves des écoles Waldorf adhèrent-ils par la suite à l’anthroposophie et à la Société anthroposophique ?

Lorsqu’ils sortent de l’école, les élèves poursuivent normalement leurs études et se dirigent vers toutes les professions. De fait, très peu d’entre eux (moins de 2 %) s’approchent de l’anthroposophie, deviennent professeurs dans une école Waldorf ou adhèrent à la Société anthroposophique.