Communiqué du 18 octobre 2019 de la Société anthroposophique en France

Par vagues successives, l’anthroposophie et les initiatives qui s’en inspirent sont l’objet d’attaques qui sont généreusement relayées par certains médias.

Le principal instigateur de ces discours mal intentionnés et en grande partie mensongers, Grégoire Perra, alimente outrageusement les rumeurs les plus perverses. L’ampleur de ses médisances a fini par décider la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France ainsi qu’un professeur de l’école de Verrières-le-Buisson à porter plainte au pénal pour diffamation. Le Tribunal de Strasbourg a réuni les deux affaires portant sur le même objet.

Le jugement du Tribunal de Strasbourg a été rendu le mardi 1er octobre 2019 : la Fédération a été déboutée, et le prévenu également de sa demande reconventionnelle. Pour la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf, le tribunal n’a pas pu trancher sur le fond ni sur un débat probatoire, invoquant un manque d’éléments précis. La Fédération a décidé de faire appel. Par contre, dans le cas de Virginie Macé, les faits poursuivis ont été jugés suffisamment précis et circonstanciés, de nature diffamatoire, relevant néanmoins de l’opinion personnelle. Contrairement aux déclarations de Grégoire Perra, sa bonne foi n’a pas été reconnue.

A l’heure où dans le monde entier des personnalités éminentes saluent le centenaire du mouvement pédagogique Waldorf, la suspicion est, en France, orchestrée et répercutée par quelques journalistes et autres blogueurs.

Le mouvement anthroposophique, présenté comme un pouvoir occulte, conduirait une stratégie de dissimulation, menant d’habiles manipulations pour s’infiltrer sournoisement dans tous les domaines de la vie, agissant dans les plus hautes sphères du gouvernement et, pourquoi pas, de la justice, poursuivant ainsi son œuvre sournoise d’endoctrinement. L’anthroposophie est alors vaillamment désignée comme une menace pour la société française, sans autre forme de procès. Ceux qui s’y réfèrent, de près ou de loin, sont systématiquement disqualifiés. Il va de soi qu’une puissance financière monumentale, pas moins de 14 milliards d’euros (sic), est invoquée pour alimenter cette stratégie à facettes multiples.
Dernièrement, le prétendu« lobby anthroposophique » est froidement soupçonné d’être artisan du projet d’intégration de la MIVILUDES par le Ministère de l’intérieur. Rien de moins.
De trop nombreux médias, au lieu de mener un véritable travail d’investigation, se font les relais de cette campagne calomnieuse. Ils préfèrent jouer sur les émotions faciles et le sensationnel. Selon les bonnes règles du complotisme, il est même entendu que si toutes ces accusations ne relèvent que d’un seul et auto-proclamé lanceur d’alerte, c’est parce que le lobby anthroposophique aurait la capacité d’étouffer et museler les « nombreuses autres » (sic) victimes. Tout autant, puisque rien ou si peu d’accusations n’ont pu être fondées, ce serait la preuve que tout aura été bien dissimulé.
Les effets de ces allégations jouent sans retenue sur le fantasme grossier, mais efficace et pas encore éculé : argent et pouvoir. Leurs auteurs n’hésitent pas à s’en référer à des bribes de conférences, discutables et sorties de leurs contextes, de propos tenus – mais non vérifiés – par Rudolf Steiner il y a plus de cent ans !

 

Les responsables de la Société anthroposophique en France dénoncent ces allégations mensongères et désirent porter à l’attention du public les informations suivantes, si l’on veut bien s’en tenir aux faits.

Les comptes de la Société anthroposophique sont publics et transparents, contrôlés puis validés par un commissaire aux comptes.
Le pouvoir, les réseaux d’influences dans les plus hautes sphères des dispositifs de l’Etat, ne relèvent que du fantasme. Des personnalités qui n’ont pas de lien formel avec une organisation dite anthroposophique se retrouvent sur la même sellette. Leur tort est sans doute d’avoir à un moment ou un autre porté leur intérêt vers des personnes, des idées novatrices, des valeurs universelles présentes dans l’anthroposophie tout autant que dans une part non négligeable la culture contemporaine.
Les questions que porte l’anthroposophie sont celles que l’on voit émerger actuellement partout où le souci d’un monde plus éthique, plus juste, plus écologique, est à l’œuvre. La démarche de connaissance qui en est la base est une thématique qui commence à traverser des milieux scientifiques. Les seules menaces qu’elles peuvent représenter sont une remise en question des modèles de pensée qui ont amené notre civilisation à des seuils reconnus comme critiques.

La campagne médiatique menée actuellement est diffamatoire, sans commune mesure avec l’impact réel du mouvement anthroposophique. Ces agitations soulèvent une question cruciale : existerait-il quelque part, en France ou ailleurs, une instance, une minorité qui, passant outre les dispositifs juridique et législatif, aurait le devoir de réglementer les idées, les courants de pensées, et serait à même de décider qui est fréquentable ou non ? Ce genre de tribunal de l’opinion publique manipulée a déjà existé ; des minorités ont payé un lourd tribut avec ce genre d’ostracisation. Ce procédé est encore de nos jours l’apanage des régimes désignés comme totalitaires…

La principale valeur qui s’en trouve menacée n’est autre que la liberté de pensée.