Rudolf Steiner − Éléments biographiques

Né en 1861, dans l’empire austro-hongrois, Rudolf Steiner eut très tôt la capacité de percevoir non seulement les phénomènes accessibles aux sens physiques mais encore d’autres réalités faisant partie d’un monde suprasensible de nature spirituelle. Plutôt que de révéler à ses contemporains ce qu’il percevait de la sorte, il décida, à l’aube de l’âge adulte, d’élaborer une démarche de connaissance permettant de créer un pont entre les deux domaines dont il faisait l’expérience.

Dans l’esprit de l’époque moderne, il travailla à partir de la raison humaine, ce qui lui permit de fonder une nouvelle science : la science de l’esprit. Cette science est depuis lors accessible à tous. Elle permet à chacun d’accéder à une expérience individuelle de l’esprit, libre et consciente, sans aucun préalable comme l’exigeaient les traditions dites « occultes ». Une telle démarche s’appuie sur la connaissance : elle passe désormais par une intensification de la pensée pour se libérer des seules données sensorielles et devenir apte à se mouvoir dans une libre vie de l’esprit.

Les œuvres philosophiques de base témoignent des efforts de Steiner en ce sens. Il s’agit de : Une théorie de la connaissance chez Goethe (1886), Science et vérité (1892) et Philosophie de la liberté (1893).

Le corollaire de cette forme de pensée rigoureuse, autonome et dégagée du sensible est la capacité offerte à l’être humain de devenir totalement libre dans le champ de l’activité pensante. Cette possibilité de liberté s’étend ensuite au domaine des comportements volontaires. La connaissance et la liberté sont ainsi les deux premiers piliers de l’œuvre de Rudolf Steiner.

A partir de 1902, son action s’est déroulée dans le cadre de la section allemande de la Société Théosophique, dont il devint le secrétaire général. Il travailla dans ce contexte parce qu’il y trouvait un public ouvert à ses recherches et à leurs résultats.

Dans le cadre de ses recherches, il a montré comment, par des exercices appropriés, l’homme peut éveiller en lui les forces d’une conscience lui donnant la possibilité d’accéder à l’expérience et à la connaissance du monde suprasensible (Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs, 1904).

En investiguant directement le domaine spirituel, Rudolf Steiner a apporté des connaissances sur la nature et l’évolution de l’homme, révélant une conception nouvelle de la réincarnation et du karma (Théosophie, 1904), la cosmologie et l’histoire de la terre (Science de l’occulte, 1910), la christologie (cycles de conférences sur les Évangiles).

En 1912-13 est fondée la Société Anthroposophique, dont il est l’instructeur spirituel.

Préoccupé d’ouvrir aux âmes des hommes des chemins vers l’esprit, en particulier grâce aux arts, il a impulsé des réalisations dans des domaines aussi divers que le théâtre (Drames-Mystères, 1910-1913), le mouvement (eurythmie, à partir de 1912) et l’architecture (construction du Goetheanum entre 1913 et 1922 à Dornach près de Bâle en Suisse).

Après la première guerre mondiale, son œuvre s’est élargie à des activités sociales (mouvement pour la tri-articulation de l’organisme social), culturelles (pédagogie), thérapeutiques (cours aux médecins) et agricoles (cours d’agriculture). Rudolf Steiner s’est aussi préoccupé des soins et de la pédagogie adaptés aux handicapés. Suite à plusieurs demandes, il a également accompagné la formation d’un mouvement de renouveau de la vie religieuse chrétienne s’inspirant de l’Anthroposophie (La Communauté des Chrétiens).

Fin 1923, il refonde, au Congrès de Noël*, la Société Anthroposophique Universelle (encore actuelle) dont il devient le président, et en 1924 il crée l’École de Science de l’Esprit. Il s’éteint le 30 mars 1925.

*  ”Le Congrès de Noël”, Editions Anthroposophiques Romandes, Genève